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UTMB : Rencontre avec une épreuve mythique...

C'est un roc! C'est un Pic! C'est un cap!... Que dis-je c'est un cap?... C'est une péninsule! Une péninsule? Non! Une montagne, et quelle montagne! Le toit de l'Europe, rien que ça ! Le Mont-Blanc. Quand on parle de ce sommet et de son massif mythique, la première chose qui nous vient à l'esprit c'est sans aucun doute sa verticalité, ses 4.807 mètres, ses glaciers, ses falaises... On pense ascension, escalade, premier de cordée et Roger Frison-Roche...

Mais il existe une manière encore plus dingue de vivre le Mont Blanc, pas en le grimpant non, mais en en faisant le tour. Oui oui, vous avez bien lu! En faire le tour, tout simplement. Plus facile? Plus plat? Plus rapide? Rien n'est moins sûr!

L'Ultra Trail du Mont Blanc (UTMB pour les connaisseurs) c'est un mythe. Assurément. Le 28 août 2015 à 18h00, 2.300 coureurs (héros?) se sont encore élancés pour réaliser un rêve un peu fou: Faire le tour du géant en moins de 2 jours.

Ça vous tente ?

L'UTMB c'est avant tout une course en montagne, avec de nombreux passages en altitude à plus de 2.500 mètres, des conditions climatiques très difficiles, fortes chaleurs en journée, (grands) froids la nuit, soleil de plomb, vent, pluie et parfois neige... C'est un défi physique et mental qui peut paraitre insensé pour certains. Mais pour beaucoup, c'est simplement le plaisir d'aller au bout des choses, de vouloir, de rechercher et peut-être - s'ils en ont la chance - d'atteindre ce qui se fait de mieux dans le genre.

Alors en quelques chiffres, pour faire simple (façon de parler bien sûr!) :

• L'ultra Trail du Mont Blanc est une étape officielle de L'Ultra Trail World Tour Series • Organisé chaque année à la fin du mois d'août • 3 Pays traversés : France - Italie - Suisse • 163 km - 9.400 m de dénivelé positif • Limite Chrono : 46 heures.

Vous êtes prêts?

Attention! Ça va faire mal...ou pas (enfin si un peu quand même, il faut être honnête!) Au programme, des ascensions de grands cols mythiques tels que le Col de Voza, le Col du Bonhomme, le Col de Seigne, et le grand Col Ferret. Mais aussi des montées, à l'arrête du Mont Favre au refuge Bertonne, encore des montées, montée de Bovine, montée aux Tseppes, toujours des montées, à la Tête aux vents...et enfin, (car c'est mécanique!) des descentes! Sur Saint Gervais, Courmayeur, La Fouly, Trient, et Vallorcine.

Les courageux qui se sont lancés à l'assaut de cette course majestueuse, hors du temps et de l'espace, ont apprécié les couchés de soleils incroyables sur les cimes des Alpes, les courses au clair de lune (parce que oui, on court la nuit aussi à L'Ultra Trail du Mont Blanc), et des paysages à couper le souffle. Cette fois ils n'ont pas simplement découvert la nature, ils se sont invités chez elle, carrément, au cœur de ce qu'elle peut offrir de plus grandiose et de plus préservé.

L'Ultra Trail du Mont Blanc est un défi sportif incroyable, mais c'est aussi et je dirais même surtout, une leçon d'humilité exceptionnelle. Car enfin, qu'ont-ils eu à donner en échange ces coureurs de l'extrême? Quelle contrepartie? Que peut-on rendre à la nature lorsqu'elle vous offre la puissance de ses éléments et de la démesure de ses paysages? Pas grand chose me direz vous. Puisqu'ils n'ont rien eu d'équivalent à faire valoir, humblement, ils ont fait honneur, ils ont rendu hommage au géant. Ils ont repoussé leurs limites, se sont montrés solidaires, camarades, ont lutté contre la fatigue souvent, la douleur parfois et en ont finit... finit ou recommenceront une prochaine fois!

Être au départ, c'est déjà une victoire !

Car mes amis, ne fait pas l'UTMB qui veut! Effectivement, pour s'inscrire à l'Ultra Trail du Mont Blanc il faut en passer par des courses qualificatives. L'organisation de l'UTMB établit une liste de trails qualificatifs. Chaque trail de la liste bouclé sous de la limite chrono, donne droit à 1,2,3 ou 4 points en fonction de sa difficulté. Pour l'UTMB 2015, il fallait avoir inscrit 8 points en trois courses maximum entre le 01/01/2013 et le 31/12/2014.

Alors, avec vos 8 points, vous pouvez procéder à la préinscription. Si le nombre de pré-inscrits dépasse la limite du nombre de coureurs autorisés, un tirage au sort est organisé. Là, compte tenu de la notoriété de l'épreuve, chaque année, l'organisation a recours au tirage au sort.

Donc avec vos 8 points ET la chance d'avoir été tiré au sort, vous êtes alors officiellement inscrits! Il ne reste plus qu'à s'entrainer :-)!!

Témoignages :

Elle l'a fait !

Cécile Bertin - UTMB

Cécile BERTIN, 4 participations 2010, 2012, 2013 et 2014 - 2 succès et 2 échecs

(Témoignage recueilli à 3 semaines du départ)

Nutri-Bay.com : Peux-tu nous parler de ta rencontre avec l'UTMB?

Cécile : J’ai commencé à courir tardivement par rapport à pas mal de monde que je fréquente aujourd’hui et un peu par hasard. Pour faire très court c’était à cause (ou grâce!) à mon travail. Je me jure dans l’avion du retour d’un raid aventure, que j’avais réussi à finir sur mes deux pieds à ma grande surprise, de courir le marathon de NY un jour. Ce que j’ai fini par faire… Et j’ai découvert que je pouvais courir 42km sans mourir ! Le truc de dingue…

Du coup tout est parti en cacahuète. J’ai enchaîné les marathons un peu partout dans le monde (autant voyager c’est plus rigolo !), et très vite j’ai entendu dire «ah mais la vraie distance, c’est le 100 bornes et à Millau s’il te plait». Ok ben allons à Millau alors ! Je finis et là je me dis «mais si je peux faire ça, je peux tout faire quoi ! ».

Le trail arrive forcément aussi assez vite parce que j’ai besoin de voir des trucs jolis quand je cours. Et là aussi très vite on me dit «si t’as pas fait l’UTMB, même pas la peine de la ramener». Ah mince, faut des points pour ce truc là… Mais ça me gonfle un peu alors je vais d’abord continuer à courir pour le plaisir et on verra bien un jour si le compte y est. Forcément le compte a fini par y être et je me suis retrouvée sur la place de Chamonix à pleurer alors que je n’étais même pas encore partie! C’est la seule course dont le départ fout les poils comme ça… Spectateurs ou coureurs, je ne peux pas l’expliquer, il faut le vivre, c’est tout.

Et depuis je fais tout ce que je peux pour retourner là-bas. J’ai tout vécu, des réussites et des échecs… un abandon, un arrêt pour barrière horaire ratée, un arrêt à St Gervais comme tout le monde et un départ dès potron-minet le lendemain matin pour un UTMB versus CCC…

Comme je continue à faire des ultras extrêmes, les points tombent sans que je le cherche alors j’y retourne encore et encore… En fait je rêve de mon UTMB parfait de bout en bout, le truc inaccessible pour moi qui suis incapable à côté de me préparer correctement et sérieusement parce que j’ai une vie pro plutôt agitée, une famille nombreuse et j’en passe. Mais j’assume à 100% d’être une accro à cette course sans pour autant avoir compris d’où cela venait, moi la fille qui n’aime pas la montagne !

Nutri-Bay.com : Dans tout ça, quel a été LE moment le plus difficile ?

Cécile : Pour moi le moment le plus difficile reste celui où tu rends ton dossard… tu ne viens pas pour abandonner, tu viens pour rentrer à Chamonix alors forcément lorsque tu fais le trajet en bus, que tu as en plus le moment de ruminer, tu refais encore et encore ta course et tu regrettes de ne pas avoir été à la hauteur…

Nutri-Bay.com : A l'inverse quel a été LE meilleur moment ?

Cécile :Forcément le moment où tu finis mais pour moi c’est souvent en fait le dernier CP, là où tu réalises que c’est enfin fini, que quoiqu’il arrive, tu verras la ligne d’arrivée. Généralement c’est dans les derniers km que je pleure, jamais sur la ligne !

Nutri-Bay.com : Tu as une petite manie / routine avant, pendant et après la course ?

Cécile : J’aime bien m’isoler dans ma musique même si l’orga pourvoit à la bande son. Cela me permet de rentrer dans la course. Pendant, j’essaye autant que possible de rester le moins longtemps au ravitaillement, même si la douce sirène de la chaise est une vraie perverse ! Je préfère marcher et manger, plutôt que de perdre du temps. Et surtout il faut une énergie folle pour repartir… Après la question ne se pose même pas : Mac Do !!!

Nutri-Bay.com : Pour finir, aurais-tu un petit conseil pour ceux qui vont s'y coller pour la première fois ?

Cécile : Surtout respectez cette course ! L’UTMB n’est pas devenue une course reconnue dans le monde entier par hasard. Trop de monde raconte qu’elle est « roulante », « pas assez technique »… Saperlipopette c’est 160 bornes !!! Ce n’est pas anodin comme distance. La très grande majorité des coureurs va passer 2 nuits dehors, ce qui met tous les organismes à rude épreuve. Il faut surtout aussi avoir conscience que les premières barrières horaires sont dures à avoir, il faut donc rester très concentré et ne rien lâcher. C’est après que cela devient un peu plus relax si l’on peut dire. Et ne négligez pas le matos obligatoire ! Ce n’est pas pour embêter les coureurs, c’est vraiment parce que la montagne peut se révéler la plus forte…

Nutri-Bay.com : Merci Cécile ! J'invite tout le monde à te retrouver sur ton Blog: www.runfitfun.fr

Il va le faire!

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Arnaud FREUND, 1ère participation en 2015 (Témoignage recueilli à 3 semaines du départ)

Nutri-Bay.com : Peux-tu nous parler de ton envie de rencontrer l'UTMB?

Arnaud : Je me suis mis à la course a pied sur le tard après une grave blessure à la cheville en sport Co qui d'après le chirurgien de l'époque ne me permettrait plus de faire du sport. C'est donc par défi je me suis à courir, pour lui prouver le contraire. Au début sur la route, puis j'ai très vite trouvé cela monotone et me suis tourné vers le trail et maintenant sur l'ultra pour les paysages et l'aventure humaine que représente chaque course.

Dès la première année j ai pris part à la diagonale des fous une course dont j'avais toujours rêvé et que j ai réussi à finir en 54h!

Mais depuis l'année dernière on m'a diagnostiqué une maladie auto immune: la "Spondylarthrite ankylosante" qui est très douloureuse et handicapante au quotidien. L’année 2014 a été une année de galère physique et j ai été incapable de finir les trails de plus de 50 km. Je me retrouvais comme paralysé au niveau des jambes. Cette maladie est peu connue est souvent mal diagnostiquée.

Mais comme je suis un homme de défi, en 2015, j ai décidé de faire 3 courses de l'Ultra Trail World Tour et de créer une page Facebook "mon cœur vaillant" pour communiquer sur la maladie et la faire connaître tout en montrant aux malades que même malade on peut faire de grandes choses.

Cette année, j'ai donc fait la Transgrancanaria où j'ai malheureusement abandonné au 75e km et je vais faire l'UTMB et la Diagonale des Fous. Car pour l'UTMB, si j’ai dû attendre 2 ans avant d'être tiré au sort, j’ai eu la chance de l'être en 2015 ! Et ça collait nickel à mon projet.

Nutri-Bay.com : A quelques jours du départ, tu te sens prêt ?

Arnaud: Ma préparation a connu des hauts et des bas dûs à la maladie mais jamais je n’ai pensé à annuler ma participation.Le plus dur dans ce genre de prépa c'est de pouvoir concilier un volume d'entrainement important avec le boulot et la vie de famille. Par chance, toute ma famille est derrière moi, me suis et m'encourage. C'est un point très positif! Le plus compliqué pour moi maintenant est d’attendre le jour de la course. Les derniers jours sont stressants.

Nutri-Bay.com : Tu as énormément investi dans ta préparation. Tu sais que tous les partants ne franchissent pas la ligne d'arrivée! Comment vivrais-tu un échec? Tu pourrais tout regretter ?

Arnaud: Non! Peux importe le résultat, j'ai déjà gagné quelque chose! Des bons moments j'en ai vécu sur les courses de prépa ou tout s'est bien passé, sur les rando-course en famille où l'on profite pleinement du panorama,sur certaines séances où tu as l'impression de voler tellement tu es bien...

Mais comme tu l'as compris, je suis un homme de défi ! La motivation ne m'a jamais fait défaut partout où je suis passé. Je le fais pour ma famille, pour tous ceux qui se battent tous les jours contre la maladie et pour moi bien sûr. Mon but n'est pas la ligne de départ mais bel et bien la ligne d'arrivée.

Alors à 3 semaines du départ on a toujours peur de ne pas s'être suffisamment entrainé, ou de pas avoir fait ce qu'il fallait. Mais j'ai aussi des certitudes :un mental qui ne me lâche que rarement et me permet de voir toujours plus loin. Au début, je visais un temps (33-34h), mais maintenant ma seule obsession est d'arriver au bout. Car avec la maladie je ne maîtrise plus tous les paramètres. Enfin, ça peut paraître présomptueux, mais j'ai confiance en ma bonne étoile et ça va le faire !

Nutri-Bay.com : Merci Arnaud ! On te souhaite en tous cas bonne chance et bon courage !

Rendez-vous sur la page Facebook d'Arnaud "Mon cœur vaillant" pour l'encourager et le soutenir dans ses incroyables défis !!!